His Dark Materials | Une saison 2 entre fidélité et inventivité

par Hauntya

Peut-être étiez-vous comme moi un enfant ou un adolescent quand, dans les années 2000, les adaptations au cinéma d’univers fantasy issues de romans jeunesse se sont multipliées, de Harry Potter au Seigneur des Anneaux. Il y eut en 2007 la première tentative de transposition à l’écran de la série À la croisée des mondes de Philip Pullman, La Boussole d’Or, qui fut un échec malgré de belles ambitions. Il aura fallu attendre 2015 pour entendre parler d’une nouvelle adaptation, télévisée cette fois, et 2019 pour découvrir une première saison nous plongeant dans cet univers de fantasy aux accents steampunk évoquant la possibilité de mondes parallèles. La deuxième saison vient de voir son dernier épisode diffusé, approfondissant l’univers déjà posé et nous offrant la possibilité de parcourir d’autres mondes.

Néanmoins, plus qu’une véritable critique, cet article est pour moi l’occasion de vous proposer un regard sur les différents axes de la saison 2, notamment par le biais des personnages qui véhiculent de nombreuses thématiques. Il y aura donc des spoilers tout au long de l’article.

Cittàgazze, la cité des enfants perdus

Nous retrouvons Lyra Silvertongue (Dafne Keen) là où la saison 1 l’a laissée, errant depuis quelques jours dans un nouveau monde, et finissant par pénétrer dans la ville méditerranéenne de Cittàgazze. La froideur et l’immensité du Grand Nord de la saison 1 laissent place à une cité majestueuse juchée sur une presqu’île désertée, commençant à s’effondrer sur elle-même. La solitude des lieux n’est troublée que par des paroles et des cris enfantins. Dans cet étrange nouveau monde, des entités surnaturelles nommées les Spectres règnent, dévorant l’âme des adultes et épargnant celles des enfants. Mais ce qui frappe malgré tout, c’est la beauté de cette ville abandonnée au bord de mer, frappée d’un soleil qui ne semble jamais s’apaiser. Le lieu est idéal pour les enfants qui peuvent vivre comme ils le souhaitent, sans adulte, quitte à avoir leur propre sens de la cruauté et de la justice. Ce qui a l’allure d’un paradis pour les plus jeunes cache un enfer, un lieu maudit à éviter à tout prix pour ceux qui ont atteint l’adolescence. Comme si les Spectres, à l’instar du Conseil d’Oblivion en saison 1, étaient eux aussi obsédés par cette différence entre l’innocence et l’expérience, par ce passage à la puberté si révélateur de l’essence de l’identité.

La splendeur paradisiaque de Cittàgazze cache la cruauté d’enfants livrés à eux-mêmes et des épreuves initiatiques sur le parcours de Will et Lyra. © His Dark Materials, New Line Cinema, Bad Wolf & HBO / OCS France, 2020

C’est là que notre héroïne rencontre Will Parry (Amir Wilson), l’enfant de notre monde qui commençait un chemin en parallèle au sien. Étrangers l’un à l’autre, venant de deux univers différents, les deux protagonistes mettent un temps à se faire confiance, pour enfin s’entre-aider. Ils s’apprivoisent par le biais du langage, comme deux étrangers connaissant les mêmes choses en leur donnant un nom différent. Sauf qu’ici, c’est le bagage culturel et historique de deux mondes distincts qu’ils portent, Lyra avec l’empreinte d’un monde victorien steampunk où elle était aristocrate, Will avec notre monde, un monde où il a appris à fuir et à se dissimuler pour aider au mieux une mère troublée mentalement, prenant sur lui le rôle d’un adulte bien avant l’heure.

Et ce qui réunit les deux enfants, c’est sans aucun doute le sens premier de la série, le premier niveau de lecture, celui de la quête initiatique. Lyra cherche à savoir ce qu’est la Poussière, pour honorer la mémoire et dépasser la culpabilité de la mort de son meilleur ami Roger. Will, lui, cherche un endroit où être en sûreté, mais aussi à élucider le mystère de la disparition de son père. À ce stade de leur vie, si près de l’orée de l’adolescence, ils sont aussi en quête d’eux-mêmes, de leur nature, et aussi en effroi de ce qu’ils pourraient devenir. Un apprentissage initiatique reflété aussi bien par Will que Lyra, et qui passe par le jeu à la fois terriblement mature des deux acteurs, qui n’oublient pourtant pas l’innocence et la vulnérabilité de leurs personnages encore jeunes. Ils ne sont que des enfants pris au piège par des manigances d’adultes, cherchant désespérément leur libre-arbitre dans un destin qui les dépasse et semble déjà établi.

Autorité, hypocrisie et faux-semblants : le monde du Magisterium

Les procès du Magisterium sont dignes de ceux d’une Inquisition. © His Dark Materials, New Line Cinema, Bad Wolf & HBO / OCS France, 2020

Naviguant entre trois univers principaux – celui de Lyra, celui de Will, et celui de Cittàgazze – la saison 2 de His Dark Materials se caractérise aussi par la place accordée au Magisterium, une place bien plus grande que dans les livres, témoignant d’un des axes voulus lors de la construction de la série. Ni plus ni moins qu’un équivalent de l’Église catholique poussée à l’extrémisme religieux, le Magisterium représente une autorité qui vire au totalitarisme, qui souhaite asseoir son pouvoir à tout prix, quitte à refréner la science, le droit au savoir ou à la différence d’opinion, et à démontrer leur puissance par les armes et le sang. C’est la domination d’une seule pensée unique, incarnée par le Père Hugh MacPhail (Will Keen, qui est d’ailleurs le père de Dafne Keen), rejetant toute autre spiritualité existante comme celle des sorcières, peuple de femmes immortelles vivant en totale communion avec la nature.

A travers le Magisterium, qui est l’antagoniste collectif de la série, c’est bel et bien la critique d’un extrémisme religieux qui se fait, d’un pouvoir qui n’hésite pas à torturer les adultes, à déposséder les enfants de leurs daemons, ou à détruire les terres des sorcières pour peu que celles-ci prétendent connaître les secrets d’un univers qui n’appartient qu’à l’Autorité suprême. Un aspect volontairement engagé, qui avait atténué la puissance du film de 2007 par son absence, mais qui se retrouve totalement mis en avant dans la série. Que ce soit dans les vêtements sombres des membres du Magisterium, leurs chambres monocales, leurs prières ou leurs procès semblables à ceux de l’Inquisition, la comparaison est pleinement assumée. À cette imagerie renvoyant aux religions de notre monde, d’autres salles, comme celle du conseil du Magisterium, ne sont pas sans évoquer les lieux recueillant les discours de totalitarismes avec une forme hexagonale sobre et noire, avec quelques personnes élues surplombant toute une foule passive et anonyme. Une mise en scène renforcée par la puissante musique assimilée au Père MacPhail, A New cardinal rises, composée par Lorne Balfe.

Et on y retrouve également toute l’hypocrisie religieuse qui peut y être liée : le manque de courage de certains membres cachés derrière leur autorité, les manipulations mortelles pour mieux accéder au pouvoir, ou encore la méfiance exacerbée envers les femmes et l’interdiction de leur donner tout rang élevé. Will Keen excelle à interpréter cette contradiction entre le fanatisme religieux et la terreur de se retrouver face à un monde que ses dogmes ne peuvent expliquer – ou contrôler, comme il s’en rendra compte devant Mrs Coulter.

Des multiples nuances de malveillance : Marisa Coulter

C’est en se faisant aussi monstrueuse et indifférente à l’humanité que les Spectres que Mrs Coulter parvient à les contrôler. © His Dark Materials, New Line Cinema, Bad Wolf & HBO / OCS France, 2020

Parmi les noms du superbe casting de His Dark Materials, on trouve celui de Ruth Wilson pour Marisa Coulter, la mère de Lyra. Tantôt antagoniste, tantôt personnage complexe pour lequel on peut éprouver une forme d’attachement mais surtout une fascination ambiguë, Mrs Coulter possède de multiples facettes merveilleusement interprétées par son actrice, lui donnant une profondeur certes issue des romans, mais là encore bien plus mise en avant.

Elle fait partie du Magisterium et est capable d’actes terribles pour parvenir à ses fins ; elle est aussi une mère qui n’a jamais eu l’occasion de véritablement connaître son enfant. Plus loin encore dans l’archétype de son personnage, c’est une femme qui a toujours dû se battre au Magisterium pour faire reconnaître sa place, subissant les contraintes de son monde patriarcal, qui a dû œuvrer dans l’ombre, par l’influence et la manipulation, pour asseoir son pouvoir. Et qui, aussi respectée soit-elle, demeure méprisée par ses semblables pour avoir eu un enfant hors mariage et simplement pour être une femme.

Outre cette critique parallèle qu’on peut encore retrouver dans notre société vis à vis de la place des femmes dans tout univers majoritairement masculin, le personnage de Marisa Coulter permet d’aborder bien d’autres thématiques. Avec sa relation avec Lyra, on aborde la difficulté de la maternité ; face à Lee Scoresby, ce sont les maltraitances parentales qui laissent une marque indélébile. Et quand elle rencontre Mary Malone, une docteure en sciences physiques indépendante et libre, elle croise le reflet de ce qu’elle n’a jamais pu être. Plus intimement, c’est la relation ambiguë de Mrs Coutler avec son daemon qui frappe, reflétant toutes les contradictions qu’elle ressent envers elle-même, les différents aspects de sa personnalité qu’elle ne parvient pas à concilier à force de n’avoir écouté que son désir de pouvoir, au détriment de son humanité. Il n’est donc pas si étonnant qu’elle parvienne à se faire obéir des Spectres, ou que sa malveillance imprévisible et glaçante s’étende jusqu’à Lord Boreal, après l’avoir manipulé jusqu’à la toute fin.

Au carrefour des univers : Lord Boreal et Mary Malone

La Cave, l’aléthiomètre, le I-Ching : autant de moyens scientifiques ou spirituels, construits par les humains, aidés par les anges, pour communiquer avec la Poussière.

Il pourrait être délicat de juxtaposer ces deux personnages aux caractères et aux intentions très opposées. Mais ils s’opposent justement dans leur vision face aux univers qu’ils traversent. Lord Boreal est cupide, un opportuniste et un pilleur, se servant de chaque monde pour s’y construire une réputation selon les artefacts qu’il rapporte de l’un à l’autre. Ariyon Bakare interprète cette double identité avec une force résolument supérieure par rapport à son alter ego du livre, bien plus effacé. Il est représentatif de l’égoïsme et du solipsisme habituels des hommes du Magisterium, et avec Mrs Coulter, illustre les jeux de manipulations sociales subtiles pour atteindre le pouvoir, aussi sinueux et faux que son daemon de serpent. Mais il est aussi un des nœuds centraux de la série par qui tout se crée, puisque c’est par lui que se fait indirectement la venue de Will dans le monde de Cittàgazze.

La manière dont le personnage permet le carrefour de différentes intrigues est une des meilleures idées originales de la série. Pourtant, à sa manière, Lord Boreal est un explorateur des mondes, un curieux de la civilisation de chacun, même si on n’irait pas jusqu’à le qualifier de bienfaiteur, bien au contraire.

A son opposé se situe Mary Malone (Simone Kirby), dont la protagoniste, pourtant, est également poussée par la science et la curiosité. Docteure renommée et au moins respectée – au contraire de Mrs Coulter – elle est aussi une figure féminine et maternelle en opposition, notamment quand elle prend soin des enfants de Cittàgazze ou laisse Lyra expérimenter la Cave, l’appareil qui lui sert à communiquer avec la matière noire, le sujet de ses recherches. Ce personnage, introduit seulement cette saison, mérite encore un plus profond développement, mais elle incarne un véritable contraste avec les théologiciens du Magisterium d’autant qu’elle est une ancienne nonne. Loin de voir les autres mondes et la Poussière avec terreur, elle les considère avec une curiosité scientifique et un émerveillement humain, enjoué, qui est sans doute le plus proche de ce que nous ressentirions à sa place face à un nouvel univers.

Spiritualités et terre à terre : Lee Scoresby et Jopari

La galerie des personnages ne serait pas complète sans l’aéronaute Lee Scoresby (Lin-Manuel Miranda) qui demeure l’un des personnages les plus rationnels mais aussi des plus attachants de la série, par sa personnalité et son ironie. Loin d’un Lord Asriel égocentrique et byronien, il est celui qui se rapproche le plus d’une figure paternelle pour Lyra, et il en vient d’ailleurs plusieurs fois à la considérer comme la fille qu’il aurait aimé avoir. Sa rencontre avec Jopari, le père de Will, est donc loin d’être fortuite, puisque cela permet un parallèle entre les deux hommes. Chacun est déterminé à protéger un enfant qu’ils considèrent comme plus important que tout au monde, comme si Will et Lyra était leur raison d’être sur cette terre, bien que ce soit une tâche qu’ils acceptent dans les derniers moments de leur vie, en se sacrifiant.

John Parry ne retrouve son fils que pour mieux le faire accepter son rôle de guerrier, tout en l’incitant à faire ses propres choix : un autre aspect de la lutte entre le destin et le libre-arbitre. © His Dark Materials, New Line Cinema, Bad Wolf & HBO / OCS France, 2020

Jopari, même s’il n’est pas le plus présent dans cette saison 2, marque les esprits avec l’interprétation d’Andrew Scott, qui parvient à donner corps à son personnage de shaman en quelques scènes. Là encore, il bénéfice d’idées propres à la série, tout en respectant son rôle dans l’oeuvre d’origine. Par Jopari, tout comme par Serafina Pekkala (Ruta Gedmintas), on aborde les thèmes du destin, du libre-arbitre, de la sagesse et de la folie, de la guerre entre ceux qui oppressent, qui répriment, et ceux qui veulent permettre la découverte de la sagesse et de l’expérience.

C’est par ses mots qu’on comprend que la lutte contre le Magisterium menée par Asriel n’est pas un simple combat entre le Bien et le Mal, mais entre deux visions du monde, entre la peur rétrograde de l’inconnu et son acceptation pour en être enrichi. C’est aussi par Jopari que la quête initiatique de Will peut trouver un semblant de réponse, en le conduisant à accepter sa propre nature est mais en ayant conscience de pouvoir choisir ses actes ; en approfondissant cette relation père-fils où Will a dû devenir adulte trop vite, et lui en veut profondément.

Et, même si le thème demeure abordé en filigrane plus qu’autre chose, par Jopari et Serafina Pekkala, deux personnages « sorciers », « shamans », profondément connectés à la nature et à la spiritualité, c’est aussi les conséquences écologiques produites par la main de l’homme qui sont abordées. Le Magisterium détruit les terres des sorcières, havres de nature ; la faille entre les mondes créée par Asriel produit une catastrophe environnementale – et même le fameux poignard subtil obtenu par Will est à l’origine de bien des bouleversements dans l’ordre naturel des choses. D’ailleurs, les fameux « fils » qui permettent au poignard subtil d’ouvrir les fenêtres vers les autres mondes ne sont pas sans rappeler la théorie des cordes, qui expliquerait l’origine de la matière noire et des mondes parallèles.

Une saison 2 supérieure à la première

La première saison de His Darks Materials souffrait d’un manque de rythme, probablement dû au devoir de mise en place de l’univers. Libérée de cette contrainte, la saison 2 est bien plus fluide, se permettant d’aborder plus en profondeur les thèmes dont j’ai pu parler ci-dessus, enrichissant les personnages, restant fidèle à l’intrigue du film, tout en proposant des scènes originales et qui font pleinement sens. Un équilibre a été pleinement trouvé entre fidélité et inventivité. Comme ses héros qui progressent vers l’adolescence, la série prend son essor et mature, alternant les points de vue pour mieux faire comprendre la complexité d’une histoire qui n’est pas qu’une quête initiatique, mais aussi une réflexion sur le destin et le libre-arbitre, sur la conscience de soi-même et de sa nature, sur les choix et les responsabilités qui en découlent. Il ne reste plus qu’à attendre une troisième saison, qui pourrait bien être le point d’orgue de la série et de sa réécriture de la Genèse, tout en fournissant peut-être la touche totalement épique qui manque encore à l’univers. Un espoir sous-entendu par la musique du dernier générique, The Eve of War, mais aussi par la scène post-générique que vous avez peut-être manquée…

  • His Dark Materials saisons 1 et 2 sont disponibles sur le site d’OCS.

2 commentaires

So-chan 24 janvier 2021 - 12 h 15 min

(En réalité j’ai lu l’article dans la semaine mais pas eu le temps de commenter avant. Me voilà donc !)

(On ne lit pas les gens si vous n’avez pas vu la saison 2, ça spoile !)

En lisant l’article je me suis rendue compte qu’on a vu toutes deux certaines thématiques et c’est toujours amusant je trouve de constater qu’on peut percevoir des éléments de la même façon et inversement. La série se permet des scènes non présentes dans le roman mais, clairement, elles apportent un plus à la construction des personnages. Je n’ai jamais eu la sensation d’un ajout forcé. Je trouvais déjà que dans la saison 1 l’écriture aimait utiliser un jeu de miroirs en comparant les parcours/profils des personnages, comme Lyra et Will avec la saison 1 se concluant sur une scène parfaite (chacun entrant dans une faille en même temps). Et la saison 2 joue encore là-dessus avec les duos que tu cites.

Sur le coup j’ai été surprise que la mort de Jopari ne soit pas 100% fidèle au roman (j’appréciais beaucoup la brutalité de la perte) mais la version de la série permet d’asseoir encore plus le parallèle entre Jopari et Lee : deux pères se sacrifiant pour leur enfant. Et ça rend la perte d’autant plus douloureuse sans compter le craquage de Will exprimant toute la colère d’un enfant qui a du grandir trop vite. Idem pour les échanges entre Mary Malone et Marisa Coulter qui questionne sur la place de la femme et permet de montrer une Marisa humaine. Sa colère envers Lord Boréal est si légitime : il utilise les failles pour créer un musée au lieu d’améliorer son propre monde.

D’ailleurs je suis bien surprise par le traitement de Marisa dans la série. C’est un personnage très subtil, l’actrice l’incarne à la perfection et les petites scènes en plus montrent aussi bien sa puissance charismatique que ses failles (son échange avec Lee, quand elle sert les vêtements de Lyra contre elle) et je trouve que ça permet d’amener à son évolution pour la prochaine saison. Et on pourrait tellement aussi parler de certains plans dans la série : Citagazze est magnifique avec son architecture labyrinthique. Et ils ont osé nous donner un aperçu de la scène du banc du dernier tome (très beau plan là aussi).

Je digresse pardon mais j’adore les romans et la série leur rend hommage, je trouve ! J’ai beaucoup d’attentes sur la prochaine saison rien que pour la représentation des anges, des Mulefas (j’ai adoré ce monde dans le troisième tome) et la fameuse guerre finale.

Merci pour ton article, toujours aussi bien écrit !

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Hauntya 25 janvier 2021 - 11 h 52 min

Je crois qu’en plus certaines thématiques, notamment liées au Magisterium, sont bien plus mises en avant que dans le livre. J’aime aussi beaucoup comment la série joue sur des scènes nouvelles, déjà pour ceux qui connaissent les livres, ça surprend en bien, et c’est toujours fait avec intelligence, toujours dans la construction des personnages. Tu as tout à fait raison, c’est sans cesse un jeu de miroirs entre les personnages, et c’est vraiment bien fait.

Ah, moi aussi la scène de la mort de Jopari m’a un chouilla chiffonnée (et celle de Lee, j’aurais voulu qu’Hester soit vraiment tout près de lui) mais je comprends que rajouter un mini-arc avec une sorcière, ça aurait été un peu trop. Et je trouve que finalement, c’est bien d’avoir accordé un véritable moment de retrouvailles entre le père et le fils, surtout pour Will. Le pauvre… J’aime aussi énormément comment ils ont transformé le personnage de Lord Boreal dans la série. Je me prenais presque à espérer qu’il survive tant il a été transcendé par l’acteur ! J’aime énormément Ruth Wilson dans la rôle de Marisa, je ne pouvais pas rêver meilleure actrice, elle est tout autant capable de malveillance que de fragilité. Je la trouve formidable dans sa manière d’interagir avec son daemon en plus des autres scènes que tu cites, cela montre très bien ses paradoxes, les faiblesses qu’elle repousse, ses contradictions. J’ai hâte de voir ce qu’elle donnera aussi en saison 3. Je me dis qu’il va y avoir un beau face à face avec le Père MacPhail, à coup sûr, il y a une vraie dynamique entre eux.
Bizarrement, je pense que je n’imaginais pas forcément Cittagazze comment ils l’ont représenté (j’imaginais quelque chose de beaucoup plus balnéaire, peut-être touristique) mais ces ruines d’une ville géométrique et labyrinthique ont un véritable charme ! J’adore comme ils ont joué sur les structures pour mieux nous faire comprendre ce désir de science qui a mené à la création du poignard. Et j’y ai aussi pensé pour la scène du banc… ça a fait un pincement au coeur, mais je suis heureuse qu’ils nous l’aient montré ! Et aussi comment ils ont commencé à évoquer les sentiments de Lyra pour Will.
Je trouve aussi que la série est vraiment respectueuse envers les livres, mais aussi envers les fans. on y trouve tout ce qui nous a charmés, et les choses inédites sont faites avec intelligence. Pour le tome 3, je regrette qu’ils n’aient droit qu’à une saison, ça va être court quand même. Mais j’espère qu’ils ne feront pas passer les mulefas à la trappe, ni Métatron, ni la guerre finale… mais jusque-là ils ont bien réussi, alors je leur fais confiance ! Merci à toi pour ton long commentaire, ça me fait d’autant plus plaisir sur une saga aussi chère à mon coeur !

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