ASTRO’s PLAYROOM | Une notion d’héritage !

par Aymeric Aulen

En 2020, PlayStation renoue avec une bonne vieille tradition du secteur du gaming ! À l’instar des Super Nintendo, Wii et autres SEGA Master System en leur temps, la PlayStation 5 ne se retrouve pas livrée seule et s’accompagne d’un jeu inédit pré-installé dans son puissant SSD. ASTRO’s PLAYROOM, c’est son nom, avait été révélé en juin dernier, en simultané de la première présentation de la machine. Développé par la Team ASOBI de SIE Japan Studio, cet amusant jeu de plateforme qui fleure bon le rétro nous invite tout autant à découvrir les nombreuses fonctionnalités de la nouvelle DualSense qu’à nous plonger corps et âme dans la recherche d’artefacts pour retracer, avec nostalgie, le déjà riche parcours de la firme PlayStation qui s’étend depuis 1994. Un savoureux cocktail miracle, mixant habilement passé et futur, qui ne laisse pas indifférent.

La légende raconte qu’un petit robot vit au sein de la manette DualSense. ASTRO’s PLAYROOM nous propose d’en faire la rencontre. ©Sony Interactive Entertainment (2020)

Le mignon Sackboy de la saga Little Big Planet a de la concurrence. Le nouvel ambassadeur virtuel de PlayStation, c’est lui : ASTRO BOT.
Petit robot malicieux aux formes arrondies et futuristes, ce charmant personnage est né en 2013 au sein de The Playroom, mini party-games directement pré-chargé sur la PS4 ayant pour vocation à faire tester les aptitudes originales de la PlayStation Camera. Depuis lors, voilà que cette mascotte en devenir ne cesse d’accompagner les différents gros lancements technologiques de la marque.

Imaginé par le Français Nicolas Doucet, aujourd’hui à la tête de Japan Studio (Gravity Rush, The Last Guardian, Knack) chez Sony Interactive Entertainment, ce héros malgré lui obtint une notoriété d’un nouveau genre en 2018 grâce à Astro Bot Rescue Mission, jeu de plateforme ambitieux et pensé pour la réalité virtuelle ayant offert un nouveau souffle au casque PlayStation VR. Une aventure marquante, copieuse et ingénieuse, aussi bien saluée par la critique que le public, qui aura marqué d’une pierre blanche la ludothèque d’un accessoire bien trop souvent cantonné à de simples petites expériences certes divertissantes, mais particulièrement limitées sur la durée.

Le futur antérieur…

Deux ans plus tard, l’adorable petit bonhomme de métal et de pixel se met à jour et quitte ses plus coûteux accessoires pour revenir aux fondamentaux du platformer en 3D moderne. Offert à tous les nouveaux acquéreurs de la fraîchement sortie PS5, ASTRO’s PLAYROOM nous ouvre tout simplement les portes menant aux plus éminents des composants de notre nouvelle console.

ASTRO’s PLAYROOM rythme son périple dans les entrailles de la PlayStation 5 en démultipliant les ambiances et idées de gameplay. ©Sony Interactive Entertainment (2020)

Découpée en quatre mondes aux atmosphères distinctes, l’aventure entraînera ainsi celles et ceux qui s’y lanceront dans la Prairie de la RAM, le Circuit SSD ou encore la Jungle du GPU. Des univers thématiques amusants qui démontrent immédiatement la volonté à peine cachée du soft de nous faire entrer par la grande porte dans le doux monde de la next-gen; un lieu magique où tout est plus beau, plus immersif et où tout va infiniment plus vite.
Visuellement soigné, le titre marque par sa direction artistique cartoon et ses couleurs chatoyantes. Deux éléments repris directement de son prédécesseur auxquels il vient ajouter divers effets de particules ainsi que de multiples reflets et éclairages plus convaincants. Merci le ray-tracing.

Au-delà du sympathique aspect graphique, l’élément principal qui offre une distinction particulière à ce ASTRO’s PLAYROOM est bien entendu son utilisation poussée de la DualSense, la nouvelle manette tant attendue de PlayStation. Sorte de grande démo ludique de l’outil, le soft nous fait une présentation approfondie des nombreuses fonctionnalités uniques du pad.
Retours haptiques, gâchettes adaptatives, pavé tactile remanié ou encore gyroscope plus précis, absolument tout y passe et frappe de plein fouet par son étonnante efficacité. La résistance des gâchettes permet ainsi de métamorphoser les sensations éprouvées durant un affrontement au tir à l’arc ou lors d’une session d’escalade pour un résultat bluffant.
Renouvelant perpétuellement ses mondes ainsi que son gameplay; nous plaçant tantôt aux commandes d’un singe mécanique, tantôt à celle d’une fusée capricieuse; se révélant également capable de nous faire ressentir, via de subtiles vibrations, les effets de la pluie ou de la grêle et même les différences de terrain lorsque notre petit aventurier délaisse des contrées verglacées pour se retrouver au beau milieu d’une plage de sable fin; la création de la Team ASOBI tient toutes ses promesses en tant qu’expérience sensorielle atypique. Mis bout à bout, tous ses éléments nous permettent au passage de rêver pleinement de toutes les futures utilisations possibles de ce controller d’un nouveau genre.
Mieux encore, ASTRO’s PLAYROOM ne laisse jamais poindre l’ennui une seule seconde auprès des joueuses et des joueurs, de ses débuts pour le moins réjouissants jusqu’à l’entrée en scène, entre trois et cinq heures plus tard, de son boss final délicieusement vintage qui ravivera quelques souvenirs à d’innombrables fans de la marque nippone.

…mène à un passé composé.

Sur le papier anodine, cette courte séquence est pourtant l’une des plus saisissantes d’ASTRO’s PLAYROOM, la moindre goutte de pluie pouvant être ressentie grâce aux retours haptiques de la DualSense. ©Sony Interactive Entertainment (2020)

Ce grand combat final est à l’image tout entière d’ASTRO’s PLAYROOM qui dépasse allègrement son statut de simple démo d’un hardware repensé pour celui de véritable musée à la gloire de PlayStation. Un positionnement surprise qui se traduit par l’omniprésence d’objets à collectionner disséminés aux quatre coins des différents niveaux. Tous se révèlent être des reproductions parfaitement modélisées des multiples consoles et autres accessoires ayant jonché la destinée d’un constructeur né il y a de cela 26 ans. De ses grands succès à ses plus cuisants échecs, l’entreprise assume tout (et avec humour) en réunissant l’ensemble de cette petite collection virtuelle dans un hub dédié pour le moins grandiose, le Labo PlayStation, qui ne peut guère rendre insensible tout amateur et amatrice de jeux vidéo qui se respecte.

Grâce à cette petite expérience pour le moins inattendue, Sony adopte un positionnement inédit auquel il ne nous avait guère habitué précédemment, négligeant bien trop souvent cette fonction pourtant appréciée (et appréciable) de réactivateur de souvenirs enfouis. Une discipline dans laquelle a fini par passer maître, au fil du temps, l’un de ses plus fidèles voisins et concurrents : Nintendo.
Un Big-N qui a également fait du jeu de plateforme son domaine de prédilection, revisitant ses classiques à maintes reprises pour leur offrir, au besoin, un souffle nouveau bienvenu. De par de nombreux aspects, ASTRO’s PLAYROOM reprend cette formule à la lettre et puise ses inspirations dans d’innombrables titres phares du genre tout droit venus du pays du Soleil Levant. Depuis la naissance de la firme, la vision du platformer chez Sony s’est toujours apparentée à des concepts et héros très occidentaux. Crash Bandicoot, Spyro ou MediEvil, tous emblèmes à leurs façons de l’ère PS1, n’en sont que quelques exemples parmi les plus évidents. D’une façon étonnante au vu de la nouvelle direction prise en interne par PlayStation, tout le contraire se produit ici. La Team ASOBI a en effet pris grand soin de puiser dans le patrimoine et l’héritage vidéoludique nippon pour concevoir une véritable lettre d’amour à un genre souvent malmené, mais jamais oublié pour autant malgré les années passant.

Bien plus qu’un simple tutoriel permettant de se familiariser avec la DualSense, ASTRO’s PLAYROOM prend aussi la forme d’un véritable temple nostalgique en l’honneur de PlayStation et ses personnages. ©Sony Interactive Entertainment (2020)

Une fois pris en compte, ces différents aspects démontrent une stratégie soigneusement renouvelée qui sied à merveille à l’entité PlayStation, et cela va même au-delà de la simple évocation de son histoire matérielle dans ASTRO’s PLAYROOM. Outre les collectibles éparpillés en leur sein, le quatuor d’univers qui compose le titre abrite également une soixantaine de petits robots grimés en quelques-unes des plus célèbres icônes ayant accompagnées la success-story de la marque sur ses deux dernières décennies. Si Sony a en effet su se faire une place dans l’industrie par le biais de ses diverses consoles, c’est avant tout car ses dernières se retrouvèrent en permanence accompagnées par des dizaines de licences et autres propositions vidéoludiques différentes, marquantes et souvent innovantes pour garnir leurs ludothèques. Un fait établi que l’entreprise apprécie de nous rappeler ici.
Des incontournables Ratchet & Clank, Final Fantasy VII, Silent Hill, Resident EvilTomb Raider et Metal Gear Solid, aux plus méconnus Concrete Genie, Loco Roco, Fat Princess, Moto Racer, Siren et Puppeteer en passant par les récents Horizon: Zero Dawn, Days Gone, God of War, Bloodborne, Death Stranding et Ghost of Tsushima, les clins d’œil, plus ou moins subtils, se montrent aussi nombreux que malins, revisitant des séquences cultes au travers de scénettes amusantes qu’il deviendra extrêmement satisfaisant de débusquer au fur et à mesure de l’avancement de notre aventure.

De la nostalgie prononcée pour mieux nous faire découvrir et apprécier des technologies et idées de gameplay nouvelles. Tel est le pari hautement réussi de ce ASTRO’s PLAYROOM.
Si Microsoft a fait de la rétro-compatibilité quasi-totale un argument de vente de poids pour ses Xbox Series X et Series S, PlayStation a préféré de son côté faire l’impasse sur cette fonctionnalité pourtant espérée par nombre d’entre nous. Pour autant, la firme ne se permet aucunement de négliger ses racines. Son héritage, elle le chérit, elle le respecte, elle l’accepte pleinement aussi et elle le prouve ici avec habileté.

ASTRO’s PLAYROOM est une véritable petite pépite vidéoludique qui nous amènerait presque à nous poser cette question : Et si jeter un regard appuyé vers le passé pour mieux s’élancer en direction de l’avenir était au final la plus efficace des philosophies à adopter pour opérer une transition générationnelle réussie ?

  • ASTRO’s PLAYROOM est disponible gratuitement et en exclusivité sur PlayStation 5.
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1 commentaire

Ju' 3 décembre 2020 - 8 h 55 min

Je trouve à mon sens que c’est un coup de génie de la part de Sony. Lancer une console de cet envergure avec autant d’attente, et de sortir un jeu avec avec ce petit personnage que je trouve aussi attachant que le Sackboy de LBP tout en y incluant de nombreuses références aux classiques de la Playstation, pour moi c’est LE JEU qui devait sortir avec la PS5 et de ce que je peux voir sur internet, il a ravi les joueurs du monde entier. C’est un très bon article mon Aymeric où tu n’omets rien. La partie “synopsis” du jeu, ce qu’on peut y trouver, les clins d’œil, la comparaison avec la Xbox series X et sa rétrocompatibilité que la PS5 n’a pas sans pour autant mettre de côté ses racines et au contraire, par le biais de ce jeu, Sony rends hommage à ces licences, ses consoles qui ont fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui, c’est une belle déclaration d’amour je trouve et c’est définitivement le jeu auquel j’ai envie de jouer si je viens à prendre la PS5 un jour.

Jolie analyse en tout cas Aymeric, merci beaucoup pour cet article très complet !

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