Pod’Culture | 7 Histoires de Cœur pour la Saint Valentin

par Mystic-Falco

Que l’on soit un éternel romantique ou non, une chose est sûre, l’amour, avec un grand A nous touche tous de bien des manières. Tout le monde est amené, à un moment de sa vie, à extérioriser ses sentiments, que ce soit autour d’un café avec des amis, en pleurant en écoutant une chanson, ou en créant des œuvres.

C’est pour cette raison, et pour fêter la Saint Valentin comme il se doit, que toute l’équipe de Pod’Culture a décidé de vous présenter des œuvres dont le thème principal est l’amour.


© Amazon Prime Video

Modern Love | Une série anthologique qui a du corps… et du cœur !

Recommandé par Aymeric Aulen

Disponible sur Amazon Prime Video, Modern Love n’a guère fait grand bruit dans nos contrées lors de sa mise en ligne survenue au beau milieu du mois d’octobre de 2019. Une distribution étincelante, pouvant notamment compter sur la présence d’Anne Hathaway, Dev Patel, Andrew Scott, Olivia Cooke et Sofia Boutella, se charge pourtant de peupler cette anthologie romantique adaptée d’une chronique éponyme publiée dans le New York Times depuis plus de 15 ans.

Basée sur de véritables témoignages recueillis par le célèbre journal américain, chaque épisode, d’apparence indépendant des uns des autres, s’intéresse à une histoire amoureuse singulière avec tendresse et malice.
Du souhait d’adoption d’un couple gay, au fait d’apprendre à aimer à nouveau après un deuil ou de construire une vie de couple quand on est atteint d’un handicap, les sujets de société majeurs abordés à chaque chapitre sont nombreux et se voient traités avec pudeur et bienveillance par cette véritable série doudou qui fait toujours de son mieux pour ne jamais plonger dans les clichés sirupeux.

Une exploration de l’amour sous ses formes les plus multiples et universelles qui réussit le pari de maintenir une certaine régularité qualitative pour la mise en scène de chacune des tranches de vie partagée tout en prenant également soin de nous rappeler, par bien des aspects, quelques-uns des plus grands classiques du genre, Love Actually en tête.
Si elle ne parvient pas toujours à franchir le cap de sa tonalité un brin conventionnelle, Modern Love n’en reste pas moins l’une de ses productions qui fait du bien, souvent drôle, parfois touchante, voire déchirante, mais toujours profondément sincère tout au long des huit récits, d’une trentaine de minutes chacun, qui la composent.
Un menu copieux et savoureux, qui disposera très prochainement d’une saison 2, idéal à déguster, seul(e) ou accompagné(e), en cette période de Saint-Valentin.

  • Modern Love est disponible sur Amazon Prime Video.

Rédigé par Aymeric Aulen


© Couverture d’Elsa Charretier et Jordie Bellaire, Bliss Comics, 2017

Love is Love | Danser, espérer, aimer et vivre

Recommandé par Hauntya

Parfois, un événement noir et terrible peut faire naître quelque chose de beau et empli d’espoir. Le 12 juin 2016 a eu lieu la terrible fusillade au Pulse, une boîte de nuit LGBT à Orlando, peu après une marche des fiertés. Ce sont 49 personnes qui sont assassinées en raison de leur identité sexuelle et de leur identité, parce qu’ils sont gays, bisexuels, trans, queer… Marc Andreyko, auteur de comics, lance alors un appel à la communauté des scénaristes et dessinateurs pour faire quelque chose face à cette tragédie humaine. Il en ressort Love is Love, un recueil où chaque artiste propose sa vision, son hommage, sur une page ou deux. La version française a d’ailleurs été enrichie de plusieurs histoires inédites, écrites et dessinées par des artistes français tels que Julie Maroh, Marguerite Sauvage, Vincent Dedienne, Richard Isanove, etc.

Love is Love fait se côtoyer les gens comme vous et moi au gré des pages, des gens ordinaires, mais aussi des super-héros qui contemplent la bêtise et l’horreur humaine, parfois impuissants, parfois déterminés à ce que de tels actes n’arrivent plus. Bien sûr, le comics aborde de nombreuses thématiques, parle de tolérance, suggère de retrouver la curiosité enfantine que l’on a face à l’autre et non la haine adulte, montre ces parents qui ont peur pour leurs enfants « différents » mais qui veulent qu’ils soient des adultes libres et sereins. Il donne à voir ces soubresauts de solidarité qui ont eu lieu après Orlando, les messages de paix, il prône l’ouverture d’esprit et surtout, l’amour sous sa forme la plus pure, la plus universelle.

Car peu importe le style graphique de chaque page, que l’intrigue soit un simple message de paix, une rencontre entre deux personnes queer, un coming-out, le besoin de se sentir en sûreté malgré sa différence, Love is Love parle avant tout d’amour. D’amours qui encore aujourd’hui, sont en proie aux préjugés, à la haine, au mépris et à l’incompréhension. Au fil des pages, ce qui frappe à chaque dessin, chaque dialogue, c’est la force d’un amour toujours plus puissant, parce qu’il se confronte plus qu’il ne devrait au jugement et à la haine des autres. Il est difficile de ne pas avoir un serrement au cœur en lisant Love is Love, qui parvient à esquisser toute l’universalité des moments amoureux : une danse, un baiser, une déclaration, un mariage, deux mains qui se serrent, le sentiment d’être avec quelqu’un qui nous comprend en étant pleinement soi, la sensation d’allégresse parce qu’on aime et qu’on est aimé.

Au-delà de son hommage et de ses multiples messages, ce que Love is Love cherche à nous rappeler, c’est que l’amour doit continuer à battre et à vivre, peu importe qui on est, et qui on aime. Avec fierté si on peut le vivre librement, et avec autant de force, de soutien et d’encouragement à ceux et celles qui ne le peuvent pas encore. Que malgré la haine, l’amour est plus puissant ; qu’être soi-même est la seule manière de vivre et aimer pleinement, de pouvoir être heureux. Un espoir qui parcourt chaque page avec une émotion vibrante, qui pousse à un monde meilleur où l’amour est juste l’amour, sous sa forme la plus essentielle.

  • Love is Love est édité par Bliss Comics et disponible en librairie.

Rédigé par Hauntya


5cm per Second © 2020 Pika Édition

5cm per Second | “One more time, One more chance”

Recommandé par Donnie Jeep

L’amour peut-il traverser l’espace et le temps ?

Cette question les jeunes Akari et Takaki ne se la posent pas au moment où ils se rencontrent, au détour des rayonnages de la bibliothèque de l’école. À dix ans on ne se pose pas ce genre de question de toute façon. Les deux enfants nouent une profonde relation et ne s‘embarrassent pas d’étiquettes pour définir exactement ce qu’elle est. Ils vivent des moments ensemble et c’est là l’essentiel.
Jusqu’au jour où Akari doit suivre sa famille dans une autre région du Japon, étudier dans un autre collège. Jusqu’au jour où Takaki lui-même doit emménager à l’autre bout du pays. Ce sentiment profond qui les unit peut-il résister à cette séparation ? Les promesses que l’on fait, jeunes adolescents, sont-elles imperméables au passage du temps ?

5cm par seconde aborde ces différentes questions avec une suprême délicatesse. À l’origine film d’animation réalisé en 2007 par Makoto Shinkai, ce recueil d’instantanés de vie et de sentiments amoureux où l’intime dialogue avec l’universel a été adapté quelques années plus tard en manga (il existe aussi un light novel). L’occasion pour Shinkai de collaborer avec la mangaka Yukiko Seike dont le style de dessin, à la fois précis et épuré, épouse parfaitement l’écriture de l’auteur-réalisateur. L’occasion également de développer plus en profondeur certaines parties du film, essentiellement son troisième acte, pour donner voix à un personnage qui n’était alors qu’esquissé et ainsi aborder d’autres versants des relations sentimentales et en déployer un peu plus l’éventail.

L’amour peut-il traverser l’espace et le temps ? L’amour le doit-il ? S’accrocher aux promesses de jadis ne nous empêcherait-t-il pas d’avancer ? Les yeux rivés sur une ligne d’horizon qui s’est confondue avec le passé, combien de choses loupe-t-on, combien de gens ? Qui sont tous ces trains que l’on manque, qui nous passent sous le nez parce qu’on attend celui qu’on pense être l’unique pour embarquer ? Des trains et des trains d’occasions manquées. Des wagons et des wagons de questions qui glissent sur la voie ferrée.

5cm par seconde aborde ces différentes questions avec une suprême délicatesse. Et si le film est empreint d’une profonde mélancolie, et le conseil que l’on pourrait modestement donner serait de le regarder avant de lire le manga, son adaptation d’encre et de papier propose un épilogue inédit, bouffée d’air frais et de lumière, qui ravira probablement les âmes romantiques éternellement optimistes.

  • 5cm per Second (film) est disponible en DVD et Blu-Ray.
  • 5cm per Second (manga) est édité par Pika et disponible en librairie.

Rédigé par Donnie Jeep


© Damien Chazelle – © Summit Entertainment

La La Land | L’amour est une tragicomédie musicale

Recommandé par Reblys

Plus besoin a priori de présenter La La Land. Deuxième film de Damien Chazelle et, accessoirement petit chef-d’œuvre couronné de six oscars. S’il fait la part belle à la musique et au jazz, La La Land est avant tout une histoire d’amour. Celle d’une actrice et d’un musicien qui crèvent d’envie de vivre de leur art. Leur tempérament passionné va les rapprocher, leur vision du monde comme une œuvre d’art va les souder, les élever même. Les poussant à tout donner pour rencontrer un jour le succès. Mais bien vite la réalité les rattrape : Alors que l’un touche du doigt le succès, l’autre enchaîne les galères. Leur couple est mis à l’épreuve de leurs ambitions, et leur amour est déchiré par les attentes que chacun a placé en l’autre.

Au delà de son air festif de comédie romantique, La La Land est une véritable leçon de vie. À travers l’histoire de Mia et Sebastian, on apprend que l’amour est un puits sans fond d’espoir et de soutien, dans lequel on peut puiser l’énergie nécessaire pour accomplir tout ce qu’on entreprend. Mais le film montre également ce que ne peut pas être l’amour : Une manière de projeter ses espérances sur quelqu’un d’autre pour les vivre par procuration ou, à l’inverse, une renonciation au chemin qu’on s’est tracé pour que l’autre puisse profiter du sien.

Si on ressort bouleversé de La La Land, c’est parce que son amertume est d’une immense justesse. Parce qu’il veut à la fois croire en l’amour pur et parfait et en l’accomplissement sans faille de ses rêves, un peu comme nous tous. Mais il nous ramène finalement à la réalité, en nous faisant comprendre que la vie n’est qu’une succession de chemins qui s’entrecroisent, et que parfois, pour que le meilleur arrive, il faut l’avoir accepté.

  • La La Land est disponible en DVD et Blu-Ray.

Rédigé par Reblys


A Man and a Woman © 2016 Showbox Corp

A Man and a Woman | La passion d’un amour impossible

Recommandé par Anthony F.

Le réalisateur Coréen Lee Yoon-ki a toujours eu un attrait particulier pour les drames du quotidien, ces petits événements qui bouleversent l’existence des uns et des autres. On remarque surtout chez lui une véritable volonté de mettre en avant des personnages tout ce qu’il y a de plus normaux, tiraillés par des situations compliquées et inattendues. C’est sur ces thèmes qu’il proposait en 2016 le film A Man and a Woman, dont le titre sonne comme un clin d’œil à Un homme et une femme de Claude Lelouch, un film auquel il emprunte parfois.

Il y raconte un amour impossible, celui de deux inconnus qui se rencontrent en Finlande alors qu’ils viennent de déposer leurs enfants qui partent en colonie de vacances. Les deux ont des vies bien rangées, mais pourtant ils ressentent une forte attirance l’un pour l’autre, à tel point que cette attirance physique se transforme en liaison, et plus tard en véritable questionnement sur leurs vies respectives. Si l’on pourrait qualifier leurs mariages de réussites, il y a pourtant un manque, une flamme qui n’est plus et qui les pousse à se réfugier dans le travail et les rêves.

L’immaturité passagère de cette relation révèle leur besoin de s’échapper, et c’est une idée qui est fondamentale dans le cinéma de Lee Yoon-ki. Encore plus du point de vue de Jeon Do-yeon, l’actrice principale du film, tant le réalisateur s’évertue à célébrer dans son cinéma les femmes qui brisent les chaînes du patriarcat. Celle-ci est indépendante, cheffe d’une société qui se porte parfaitement bien, mais enfermée dans son mariage avec un homme qui ne la considère pas à sa valeur. L’actrice est ici captivante et porte très largement le film, et ce n’est pas un hasard tant elle a multiplié les grands rôles au cours de sa carrière : Untold Scandal (remake des Liaisons dangereuses), Secret Sunshine, The Housemaid… A ses côtés, Gong Yoo, est un visage probablement encore plus connu dans nos contrées après le succès de Dernier train pour Busan, et s’avère être capable de se mettre à la hauteur de sa partenaire, sans que cela ne soit une surprise pour un acteur qui a toujours su séduire le public.

Tous ces ingrédients donnent à A Man and a Woman une saveur particulière, celle d’un amour intense et fusionnel, certainement passager et peut-être interdit, mais doté d’une passion qu’on ne peut pas ignorer. Sa manière de parler de relation amoureuse, de ses conséquences et de ses risques en font une très belle œuvre, un film marquant et bouleversant.

  • A Man and a Woman est uniquement disponible à l’import en DVD et Blu-ray (sous-titres Anglais).

Rédigé par Anthony F. 


L’âge de Pierre | “J’aime le début des histoires”

Recommandé par Mystic Falco

Parmi tout un tas d’œuvres traitant d’amour, mon choix aurait pu se porter sur tout plein d’histoires très romantique, et qui finissent bien. Mais je trouve qu’il est plus intéressant de s’intéresser aux œuvres “vraies”. Celles qui te rappellent que la vie n’est pas juste faites de belles histoires d’amour. Vous m’avez déjà entendu parler de Davy Mourier dans l’épisode 6 du podcast de Pod’Culture, avec beaucoup de termes élogieux et je n’ai clairement pas fini d’en faire ! L’Âge de Pierre est une bande-dessinée écrit par Davy Mourier et dessiné par Héloïse Solt. Il existe également un court métrage et tous deux sont sorti en 2019. L’aspect cross média est intéressant pour cette œuvre car le début de la BD correspond au court-métrage, et nous invite vivement à découvrir le reste de l’histoire.

Pierre a plus de 30 ans, quand il part vivre en direction de Paris. C’est en prenant le train, qu’il fait la rencontre de Manon, avec qui il va débuter une histoire d’amour. Évidemment, le début de leur histoire se passe parfaitement bien, car… c’est le début, ces moments ou on ne se pose pas de questions, on profite simplement. Mais évidemment la peur que l’on peut avoir au sujet de l’engagement fait vite surface, et ça c’est sans compter un évènement tragique qui va chambouler toute la vie de Pierre.

Avec des sujets aussi fort que l’amour, la mort ou la peur de lâcher prise, L’Âge de Pierre met en avant les réalités simples de la vie, et notamment de la vie de couple. C’est une œuvre complète, il suffit de voir que le personnage principal est un geek, dessinateur de bande dessinée pour très vite comprendre que Davy Mourier raconte plus qu’une histoire, il raconte son histoire. Alors bien-sûr certains aspects sont romancés, mais en aucun cas il n’y a de facilité scénaristique. L’Âge de Pierre est une histoire d’amour, une histoire de vie, une magnifique histoire, qui même si je la connais, continuera à me faire verser quelques larmes tant par son réalisme et sa beauté.

  • L’Âge de Pierre est disponible sur Youtube, et la bande dessinée est édité par les Éditions Delcourt et disponible en librairie.

Rédigé par Mystic Falco


© Piccolo Studio S.L.

Arise : A simple Story | Le lyrisme et l’éternité transposés dans un jeu vidéo

Recommandé par F-de-Lo

De tout temps, l’amour est célébré à travers l’art. Tantôt naissant, tantôt lyrique, tantôt mélancolique, il est une source inépuisable d’inspiration pour des œuvres bien souvent poétiques. C’est le cas dans Arise : A simple story, un jeu vidéo développé par le studio Piccolo et disponible sur la plupart des plates-formes, depuis 2019.

Rarement un nom aura été aussi approprié : Arise raconte une histoire simple, avec un gameplay très accessible, qui ne rend le titre que plus universel. Ce sont les thématiques abordées et surtout la manière dont elles sont illustrées qui le rendent exceptionnel. Arise est ni plus ni moins un recueil de poésie dilué et transposé dans le média du jeu vidéo.

Dans ce titre taciturne, les rimes sont assurées par la douceur mélancolique de la bande originale, et les strophes par la puissance métaphorique de chaque tableau du jeu. Avec Arise, ne vous attendez pas à célébrer un amour heureux. Le personnage principal, un vieil homme esseulé, meurt dès le début du jeu. Il entreprend alors une odyssée qui lui permettra de revivre les moments les plus importants de sa vie. Forcément, tous, ou presque, sont reliés à Elle.

L’amie d’enfance. L’amour de sa vie.

Ce puzzle-game jouable en solo ou à deux, permet de contrôler le temps et les éléments afin de progresser à travers les étapes de l’aventure. Le premier chapitre consiste à orienter les rayons du soleil afin qu’ils fassent monter ou descendre le niveau des eaux. Quoi de plus naturel, puisque la jeune fille a toujours été solaire, au point d’égayer les journées du petit garçon timide ? Chaque tableau est le reflet d’un souvenir et surtout d’un sentiment, grâce à un gameplay aussi métaphorique qu’ingénieux. Aucun niveau ne se répète : la séparation forcée du couple, quand ils sont de jeunes adultes, déclenche le tremblement furieux des falaises. La solitude du protagoniste entraîne l’apparition d’ombres menaçantes. Les différentes images du jeu, transcendées par une direction artistique à tomber, font basculer les joueurs d’une émotion à une autre, avec une efficacité bouleversante.

Si certains passages sont difficiles et émouvants, Arise : A simple story reste focalisé sur une note sous-estimée mais essentielle : l’espoir. Malgré les incertitudes et les tempêtes, l’amour du vieil homme est ce qui lui a donné la force de vivre, puis de trouver la paix, dans l’éternité.

  • Arise est disponible sur toutes PS4/Xbox One/Nintendo Switch et PC.

Rédigé par F-de-Lo.

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F-de-Lo 23 février 2021 - 14 h 41 min

Un plaisir d’avoir participé à ce premier article choral, qui donne pas mal de choses à lire et regarder !

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